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Une lecture gratuite et utile !


Cette semaine, alors que je m'apprêtais à affronter un trajet de métro sans un livre dans mon sac à mains, j'ai eu l'idée de m'aventurer dans l'iBooks store pour essayer de trouver un compagnon de trajet. Pas encore prête à débourser des euros pour une version virtuelle, j'ai d'abord consulté le classement des livres gratuits.


C'est ainsi qu'aujourd'hui je partage avec vous une lecture essentielle et gratuite, L'homme qui plantait des arbres, de Jean Giono. La nouvelle a été publiée pour la première fois en 1953 et l'auteur en a donné ses droits gratuitement pour toutes les reproductions afin que son message soit accessible au plus grand nombre. Du coup, j'avais envie à mon tour de passer le mot. Il ne vous en coutera rien plus qu'un téléchargement et le temps d'un trajet de métro pour dévorer cette fable pleine de sagesse, car oui, il ne s'agit hélas pas d'une histoire vraie.

L'homme qui plantait des arbres n'a rien de moralisateur. C'est simplement une leçon de vie dont on tourne les pages avec plaisir (qu'on pourrait lire à des enfants), en même temps qu'elle nous invite à réfléchir. La lettre de Jean Giono, que l'éditeur nous confie en postface, datant de 1957, est elle aussi plus que jamais d'actualité : "Je crois qu’il est temps qu’on fasse une "politique de l’arbre" bien que le mot politique semble bien mal adapté".

Bonne lecture ! L'homme qui plantait des arbres, sur iBooks store

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Lectures d'été = Demain j'arrête ! + La grand-mère de Jade


Hélas le temps des vacances d'été et de la plage n'est pas venu pour moi, mais ces lectures qui m'ont accompagnée dans le métro ne m'ont pas semblé moins estivales pour autant ! J'avais donc envie d'en faire profiter les vacanciers qui cherchent une lecture pour accompagner leur été...


Coup de coeur : ☼ ☼ ☼

On commence par un petit phénomène de librairie à côté duquel il est difficile de passer ! Et pourtant, si ce livre ne m'était pas tombé entre les mains grâce à La Perchée je ne sais pas si j'aurais eu la curiosité de m'y plonger. Il s'agit de Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier. La couverture à elle seule arrête l'oeil, c'est sûr. Et le bon point c'est qu'heureusement, il y en a derrière cette photo de chat à la mine renfrognée.

Demain j'arrête ! raconte la rocambolesque obsession de Julie pour son charmant voisin du dessus, Ric, et le chamboulement que ce dernier va malgré lui entraîner dans la vie de cette presque trentenaire. J'ai d'emblée été impressionnée par la facilité avec laquelle Gilles Legardinier semble s'immiscer dans l'esprit féminin de Julie. Facilité troublante et follement amusante. Mais au delà des nombreux sourires que m'aura fait esquisser l'auteur, j'ai surtout été touchée par l'humanité qui se dégage de ce livre. Et c'est pour ça que je le conseille. Parce qu'il fait du bien, tout simplement.

A savoir : L'auteur nous livre à la fin de l'ouvrage un texte à coeur ouvert qui mérite le détour et dont j'ai extrait cette phrase : "A toi lecteur : écrire cette histoire en espérant qu'elle te ferait du bien m'a rendu heureux." Mission accomplie.


Coup de coeur : ☼

La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt est un roman que j'ai découvert aussi sur Internet. Je me souviens notamment d'en avoir parlé avec Victoria qui, si je ne me trompe pas, l'a acheté pour son voyage aux USA. Quant à moi, c'est finalement en cherchant un livre dans lequel investir l'autre jour en librairie que je l'ai acheté, espérant qu'il me changerait les idées du Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan que je venais d'achever.

Mission plus ou moins accomplie. Sur l'échelle de la légèreté, La grand-mère de Jade ne côtoie pas tout à fait l’œuvre de Gilles Legardinier. Dans l'écriture non plus, celle de Demain j'arrête ! m'ayant davantage enchantée. Mais il faut dire que le sujet s'y prête moins : Jade, parisienne trentenaire, journaliste de profession qui inspire à écrire des romans, entreprend de recueillir sa grand-mère dans son petit appartement afin de lui éviter la maison de retraite. Elle découvre alors la femme au-delà de la grand-mère que "Mamoune" a toujours incarné à ses yeux.

A l'image du tableau de Klimt "Les trois âges de la femme" évoqué dans le roman, La grand-mère de Jade est une réflexion sur la filiation, l'âge, mais aussi sur l'écriture... Et finalement, c'est peut-être là LE point commun avec le premier livre que je vous ai présenté. Il y a en effet, je trouve, chez ces deux auteurs, exprimée chez le premier et en filigrane à travers les pages du second ouvrage, une volonté d'insuffler un peu plus d'humanité dans notre monde à travers l'écriture.

A savoir : La grand-mère de Jade m'a laissée un peu dubitative, ne sachant pas si j'étais acquise ou non à la cause de ce roman, cela jusqu'à son épilogue qui m'a finalement emportée. Vous verrez en le lisant. Et donc oui, je vous recommande chaleureusement de persévérer ;)


Avez-vous lu l'un de ces livres ? Avez-vous d'autres lectures à me recommander ? Je suis preneuse !

♡ 
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Lectures pour un été zen


Pour fêter l'été qui a peiné à s'installer, j'avais envie de partager avec vous deux lectures zen à souhait qui invitent à profiter de la vie avec sérénité. La première est la découverte de SLØ Magazine, la seconde, un ouvrage offert par ma mère, La sérénité de l'instant de Thic Nhat Hanh.


A l'image de la couverture, un matin, j'ai attrapé ma tasse de café et je me suis installée confortablement dans mon canapé pour regarder de plus près le numéro 3 de SLØ Magazine (que j'avais commandé ici). Un magazine qui a certes le prix d'un livre (16 €), mais qui le vaut car c'est d'ailleurs dans ma bibliothèque que je vais le ranger !


La sérénité de l'instant est un véritable trésor. Je me suis déjà fait la promesse de relire très vite ce livre de Thich Nhat Hanh (moine zen vietnamien) pour me replonger dans ses bonnes ondes. Le plus amusant, c'est que j'ai dévoré ces quelques 150 pages dans le métro, le lieu sûrement le moins propice au zen. Et pourtant, l'écriture poétique de ce moine m'a prise par la main, ou plutôt c'est comme si on m'avait gentiment mis une main sur l'épaule pour me calmer. J'ai déposé mon bagage quelques instants et j'étais cette voisine de métro qui sourit béatement, celle qui vous agace quand vous n'avez pas envie d'aller au boulot parce que vous vous demandez comment elle fait ! Eh bien moi maintenant, je sais, c'est sur ce court écrit que je peux compter pour me recentrer et voir la vie du bon côté.

Voilà pour la leçon de zen du jour ! Bon week-end les amis.

 ♡
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Un peu de lecture : Audrey Hepburn & Breakfast at Tiffany's

livres Audrey Hepburn

J'ai souvent fait allusion ici à ma passion pour Audrey Hepburn, et en particulier pour le film Diamants sur Canapé, Breakfast at Tiffany's en anglais. Or, j'ai tout récemment terminé la lecture de plusieurs livres qui ont ravivé ma folie Audrey. Présentation :

Audrey Hepburn Breakfast at Tiffany's

J'avais envie de commencer cette petite chronique par la plus surprenante de mes lectures : 5th avenue, 5 a.m., Audrey Hepburn and the making of Breakfast at Tiffany's. De prime abord, le récit du tournage du film Breakfast at Tiffany's m'apparaissait comme une lecture plutôt ardue, et pourtant, j'ai dévoré ce dernier comme s'il s'agissait d'un véritable roman.

L'auteur, Sam Wasson, nous entraîne de la naissance controversée du roman de Truman Capote jusqu'au tournage du film et sa postérité. Mais surtout, c'est un autre visage d'Audrey que l'on découvre, plus tourmenté, tandis que l'on apprend aussi comment elle a participé, presque malgré elle, à façonner une nouvelle image de la féminité...

Riche des témoignages de ceux qui ont côtoyé Audrey Hepburn, l'ouvrage participe notamment à faire revivre l'actrice, apportant encore plus d'éclat au bijou qu'est le Diamants sur Canapé de Blake Edwards (1961).

Breakfast at Tiffany's - Truman Capote 

Chronologiquement, j'ai achevé la lecture de Breakfast at Tiffany's de Truman Capote (1958) avant d'entamer celle du tournage du film. Et je pourrais d'ailleurs vous recommander d'en faire autant si vous avez envie de comprendre les hésitations d'Audrey Hepburn à accepter ce rôle sulfureux (qui ne lui était d'ailleurs pas destiné d'emblée, Marilyn Monroe lui était préférée), le désamour de Truman Capote pour cette adaptation éloignée de sa vision d'Holly Golightly...

En revanche, j'avais bien sûr vu le film Breakfast at Tiffany's plusieurs fois, et c'est donc une lecture toute particulière que j'ai faite du chef d'oeuvre de Truman Capote. J'entends par là que je n'ai pu m'empêcher de sourire à chaque fois que je reconnaissais les scènes, mythiques à mes yeux, que le film a tout de même pour beaucoup conservées. Evidemment on prend aussi la mesure des libertés que se sont accordés George Axelrod, avec le scénario, et Blake Edwards avec la réalisation.

Une chose est sûre, Breakfast at Tiffany's, la nouvelle, et Breakfast at Tiffany's, le film sont aujourd'hui deux monuments, dont je vous recommande effectivement la lecture du premier ! C'est bien la première fois que je ne suis pas déçue dans un sens, ou dans l'autre, en lisant une oeuvre adaptée au cinéma. Je crois que c'est parce que, et Truman Capote en aurait peut-être été consolé, ces deux chefs d'oeuvre sont indépendants l'un de l'autre. Si le premier a évidemment inspiré le second, ils ont une magie qui leur est propre. Témoignant chacun à leur façon de la liberté de leurs auteurs et acteurs (la Holly Golightly imaginée par Truman Capote, la Audrey Hepburn du film) dans une époque encore marquée par une forme de conformisme.

What Would Audrey Do

Enfin What Would Audrey Do ? de Pamela Keogh est peut-être la lecture la plus essentielle des trois si vous vous intéressez de près à Audrey Hepburn. C'est un livre qui se lit volontiers sur la durée, dans lequel on a envie de se plonger selon que l'on a besoin de savoir ce que ferait Audrey en matière de mode, d'amour, de carrière... Et bien sûr, au delà de l'organisation amusante de cette biographie d'un nouveau genre, ce sont des anecdotes très personnelles de la vie d'Audrey Hepburn que l'on découvre.

De là à percer le mystère de la magie Audrey Hepburn n'exagérons rien, mais j'ai découvert grâce à cette lecture des passages de la vie de l'actrice qui me font regarder ses films avec une perspective différente. Je ne regarde plus Audrey Hepburn comme la réincarnation de la Princesse Ann de Vacances Romaines, image qui lui collait à la peau (et qu'évoque avec finesse le premier livre d'ailleurs), mais comme une femme, une amoureuse, une mère, toute en force et fragilité.

Bonne lecture !

Here are three reads I'd highly recommend if you are into all things Audrey Hepburn, and most especially "Breakfast at Tiffany's". The first book is a surprising page turner "5th avenue, 5 a.m., Audrey Hepburn and the making of Breakfast at Tiffany's". Focusing on the making of the movie it also has anecdotes about Audrey Hepburn's life, Truman Capote's love hate relationship with the movie that was made off of his short story and more in general, America of the early sixties.

The second book is the short story which inspired it all, "Breakfast at Tiffany's" by Truman Capote. Although a fan of the movie, I had never read it before. It was actually fun reading it knowing how Truman Capote wasn't fond of the movie, or the casting of Audrey Hepburn. I enjoyed having that perspective and the book didn't disappoint, nor did it impact my opinion of the movie anyway. They coexist as such. If I couldn't help smiling when acknowledging the similiarities between the book and the movie, it was also interesting to see the differences and simply enjoy this beautifully written jewel of a short story.

And last but not least, the witty "What Would Audrey Do", by Pamela Keogh. A mix between an autobiography and a "guide" for living your life the way Audrey would, it has some page turner qualities as well. I thoroughly enjoyed discovering another side of Audrey Hepburn, far from the idealized image of Princess Ann in "Roman Holidays". It humanizes the actress and I grew even fonder of her after reading it, as I'm sure you will too.
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Un peu de lecture : "Drinking at the movies"

Drinking at the movies - Julia Wertz

Aujourd'hui coup de coeur pour Whiskey & New-York de Julia Wertz, ou le bien mieux nommé en anglais : Drinking at the movies. La première qualité de cette BD de Julia Wertz que j'ai donc lue en anglais c'est de m'avoir fait énormément rigoler. L'auteur nous livre vraiment aussi bien une plume qu'un coup de crayon truculents.

Drinking at the movies raconte le déménagement de Julia de San Francisco à New York, à 25 ans. Les péripéties qui en découlent, sans rien vous en dévoiler, m'ont évoqué l'univers de la série 2 Broke Girls pour celles qui connaissent, et évidemment, surtout le personnage de Max (Kat Dennings). L'humour pince sans rire m'a aussi évoqué Juno (Ellen Page). 

En bref, je ne m'y connais pas du tout en BD, mais Drinking at the movies je dirais que c'est à la BD ce que le cinéma indé est à Hollywood ! Alors si c'est votre univers, n'hésitez pas et foncez.

I've been reading on a regular basis lately, hence the books blog posts here, I hope you don't mind! Good thing is my latest read is actually in English, "Drinking at the movies" by the oh so talented Julia Wertz. This comic is the kind of read that made me want to buy everything else the author has written, before or after. I'm not familiar of comincs, much less indie comics, but really, I coudln't get enough of Julia Wertz's witty writing and her sketches. I loved her attention to detail, her sense of humor, "her" actually, because it seems like Julia Wertz did put a lot of herself into this comic.

Finally, although books, when turned into movies, are sometimes disappointing, I find myself wishing that Julia's adventures can be put on screen someday, with someone like actress Kat Dennings ("2 Broke Girls") or Ellen Page along for the ride. In the end, "Drinking at the movies" might make you feel like you wish you could hang out with Julia for a beer and pizza in New York!
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Autobiographie des objets

Autobiographie des objets - François Bon

Ce livre, que j'avais mis sur ma petite liste de Noël, une amie a eu la gentillesse de me l'offrir pour mon anniversaire. Aussitôt ma lecture précédente terminée, je m'y suis donc attaquée. Au préalable, je n'avais lu qu'en diagonale la critique qui m'avait donné envie de m'y plonger, ne voulant pas trop avoir d'apriori sur l'ouvrage. J'avais donc simplement été attirée par ce que le titre à lui seul laisse entendre du sujet : Autobiographie des objets.

Quatrième de couverture : "Aux deux extrémités du marais poitevin, deux mondes : l'un qui serait celui de la terre et des livres, l'autre celui de la mer et de la mécanique. Ma vie s'est construite autour des objets qui peuplaient ces mondes."

La lecture maintenant achevée, il me tardait de vous en parler !

Autobiographie des objets - François Bon

Autobiographie des objets fait partie de ces livres dont j'ai eu envie de noter des phrases au fil de ma lecture, tant et si bien que, et cela amuserait peut-être François Bon, il remplira pleinement désormais sa fonction d'objet dans ma maison. Comme ces livres vers lesquels on revient dans sa bibliothèque, pour les ouvrir là où le crayon de papier est passé ou bien où la page a été (à regret) cornée, pour épingler une citation qui nous accompagnera tout au long de notre vie. Ces petites bribes que l'on ne retient pas forcément bien, mais qu'on sait dans quel livre retrouver et qu'on va chercher après une conversation qui fait affleurer leur mémoire...

Pour vous donner une petite trame de fond, avant de vous confier quelques-unes de ces citations, je dirais que si Autobiographie des objets m'a touchée c'est notamment parce que, par l'époque qu'il convoque, j'ai eu parfois le sentiment de me replonger dans la France des campagnes du Grand Meaulnes, et ce n'est sûrement pas un hasard si François Bon lui-même cite cet ouvrage d'Alain-Fournier. A ceci près que le monde évoqué par François Bon est à la veille du basculement et du changement, qui si il était en marche avant, gagnera jusqu'aux villages passé les années 60. C'est aussi, même si je ne sais pas si François Bon me passerait cette comparaison, la France de Raymond Depardon que m'a souvent évoqué Autobiographie des objets...


Et maintenant quelques citations :


"J'appartiens à un monde disparu - et je vis et me conduis au-delà de cette appartenance. C'est probablement le cas pour tout un chacun. La question, c'est l'importance et la rémanence matérielle d'un tel objet, parfaitement incongru, parfaitement inutile, dans le parcours personnel."

"C'est dans la tête, autrefois, qu'on compensait la durée, et les histoires inventées qui silencieusement la meublaient. On a plus de mal, avec les objets, puis soi-même, à s'inventer des histoires - les durées, elles, ne changent pas."


"Comment aurions-nous pu tout garder, d'eux qui gardaient tout?"    (sûrement ma préférée)

"A quinze ans d'écart, redécouvrir une lecture comme si à chaque ligne on s'en souvenait très précisément - et qu'on ne saurait pourtant pas reconstituer sans cette relecture."

Enfin, je résiste à vous citer une dernière phrase, qui est celle de fin, car j'aurais l'impression de trahir ce point d'orgue merveilleusement bien écrit par François Bon. Je vous laisse le soin d'aller acquérir cet objet en librairie, pour vous l’approprier, en espérant vous en avoir donné l'envie sans trop, non plus, vous en dévoiler.
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Le grand Meaulnes et son pays perdu

Le Grand Meaulnes

J'ai récemment entrepris de relire le classique d'Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes. Un roman dont j'avais gardé jusqu'à aujourd'hui un souvenir fasciné. Mais étrangement, comme beaucoup de romans qui m'ont marquée, je n'aurais pas pu (avant de l'avoir relu) vous en donner la trame. Je me souvenais évidemment des personnages clé mais pas de l'histoire précisément. En revanche, de l'atmosphère dans laquelle il m'avait plongée et des impressions qu'il m'avait laissé, je n'avais rien oublié.

Si les années ont passé, la magie du "pays perdu" opère toujours. Plus que jamais j'ai aimé me balader dans la campagne du Berry qu'évoque Alain-Fournier, peut-être parce que j'y ai aperçu des évocations d'une autre région de France qui m'est chère et dont ma grand-mère me parle parfois en ces même termes et traditions.

A la relecture, dont je ne peux hélas vous livrer la fin sans vous gâcher le plaisir d'une, peut-être, première lecture pour vous, ce n'est pas tant l'histoire qui m'a séduite (peut-être trop romanesque justement, surtout sur la fin), mais le personnage que campe François Seurel, le narrateur, et surtout, ce récit d'un monde qui n'est plus. Sentiment sûrement accru par le fait que j'ai lu cette fois le roman en ayant à l'esprit qu'il est l'unique oeuvre d'Alain-Fournier, Henri Fournier de son vrai nom, décédé à Verdun en 1914.

En vous invitant vous l'aurez compris à lire ou relire vous aussi Le Grand Meaulnes, je vous laisse sur cet extrait de circonstance pour la saison : 

"Le mois d'août, époque des vacances, m'éloigna des Sablonnières et de la jeune femme. Je dus aller passer à Sainte-Agathe mes deux mois de congé. Je revis la cour sèche, le préau, la classe vide... Tout parlait du grand Meaulnes. Tout était rempli des souvenirs de notre adolescence déjà finie. Pendant ces longues journées jaunies, je m'enfermais comme jadis, avant la venue de Meaulnes, dans le cabinet des archives, dans les classes désertes. Je lisais, j'écrivais, je me souvenais..."

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